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    6 septembre 2026

    Carburant sans décret, marchés publics sans le prix seul

    Deux nouvelles cette semaine, une pour les entreprises qui roulent, une pour celles qui répondent aux appels d'offres publics. Le gouvernement a annoncé le 3 septembre la prolongation de l'aide au gazole non routier pour septembre et octobre, sans qu'un décret soit encore paru. Et depuis le 22 août, un marché public ne se gagne plus sur le seul prix, il faut désormais un critère environnemental dans chaque consultation.

    Ce qui change

    Normes, obligations, aides. Ce qui a une conséquence sur votre façon de travailler ou de facturer.

    L'aide carburant du BTP est reconduite pour septembre et octobre, mais aucun décret n'est encore paru

    Le 3 septembre 2026, la ministre déléguée à l'Énergie a annoncé la prolongation, pour septembre et octobre 2026, des aides carburant aux secteurs exposés à la hausse des prix. Pour le bâtiment et les travaux publics, l'aide reste de 0,20 euro par litre de gazole non routier, le GNR, celui qui alimente les engins de chantier, reconduite à l'identique des mois précédents.

    Qui est concerné, et qui en sort

    Les agriculteurs, à 0,15 euro par litre, et les pêcheurs, à 0,25 euro par litre, sont concernés au même titre que le bâtiment. Les transporteurs routiers, eux, sortent du dispositif, le gouvernement estimant qu'ils peuvent répercuter la hausse sur leurs contrats.

    Ce qui n'est pas encore fait

    Au 4 septembre, aucun décret n'a été publié au Journal officiel pour ces deux mois. Les volets précédents avaient chacun le leur, le décret n° 2026-720 pour juillet, le décret n° 2026-356 pour mai. Pour septembre et octobre, il n'y a à ce stade qu'une annonce en conférence de presse et un communiqué de Matignon.

    Le plafond de 4 000 euros par entreprise et par mois, le seuil de 50 salariés et le calendrier du guichet sont supposés repris à l'identique, mais aucun texte ne les confirme.

    Comment ça marche, pour mémoire

    Ce n'est pas une remise à la pompe. L'entreprise paie son GNR plein tarif, puis se fait rembourser après coup sur impots.gouv.fr, sur la base des litres facturés le mois précédent, une fois le guichet du mois ouvert. Ce point ne change pas d'un volet à l'autre.

    À part, pour les véhicules de tournée

    L'aide dite « grands rouleurs » de 100 euros voit son guichet prolongé jusqu'au 30 septembre 2026. Elle vise les personnes et non les entreprises, sous condition de revenu et d'usage du véhicule personnel pour aller travailler, et elle porte sur l'essence et le gazole routiers, pas sur le GNR. C'est le seul dispositif qui touche les fourgons et les utilitaires, et il se demande à titre individuel.

    Et le carburant routier de l'entreprise, fourgons et camionnettes ?

    Rien. Le remboursement partiel de l'accise sur le gazole routier, l'ex-TICPE, existe, mais il est réservé au transport routier de marchandises, au transport public de voyageurs et aux taxis, avec un seuil de poids total en charge de 7,5 tonnes minimum, fixé par une directive européenne. Un fourgon ou une camionnette de chantier n'y est jamais éligible, quel que soit le secteur de l'entreprise qui le possède.

    Les aides régionales trouvées, en Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie, portent toutes sur l'achat d'un véhicule propre, jamais sur le carburant, et sont dispersées par intercommunalité, sans dispositif national. Le seul point d'entrée qui reste est la déduction du carburant en charges réelles, ce qui est le droit commun, pas une aide 2026.

    Et pour 2027

    Le gouvernement dit travailler à reconduire une aide carburant pour les secteurs exposés, BTP compris, dans le projet de loi de finances 2027, aux côtés du chèque énergie. Rien n'est arbitré ni voté. Les montants et les conditions seront débattus à l'Assemblée à partir d'octobre.

    Au 4 septembre, la reconduction pour septembre et octobre est une annonce, pas un texte. Les montants et le plafond cités sont ceux des volets précédents, à confirmer à la parution du décret.

    Ce que j'en pense

    Ce qui me gêne, ce n'est pas le principe, c'est le tempo. On paie le plein maintenant, on récupère les vingt centimes dans plusieurs mois, quand le guichet ouvre, à condition d'avoir gardé les factures. Pour une trésorerie déjà tendue, une aide différée ne remplace pas l'argent qui manque le jour du plein. Et tant qu'il n'y a pas de décret, je ne mettrais pas cette ligne dans un budget de chantier que je présente à un client, une parole en conférence de presse, ça ne s'engage pas. Sur le fond, une aide qu'on reconduit deux mois par deux mois depuis avril, ça dit surtout qu'on n'a pas de visibilité, et la visibilité, c'est ce qui manque le plus pour investir en ce moment.

    Denis

    Les marchés publics ne peuvent plus s'attribuer sur le seul critère du prix depuis le 22 août

    Depuis le 22 août 2026, pour tout marché public dont la consultation est lancée à partir de cette date, l'acheteur ne peut plus attribuer le marché sur le seul critère du prix. Chaque appel d'offres doit désormais retenir au moins un critère qui prend en compte les caractéristiques environnementales de l'offre, et intégrer une clause environnementale dans les conditions d'exécution.

    D'où ça sort

    Ce n'est pas un texte neuf de la rentrée. C'est l'article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite loi Climat et résilience, dont l'application avait été fixée cinq ans plus tard, jour pour jour. Les mesures réglementaires figuraient déjà dans le décret n° 2022-767 du 2 mai 2022. La bascule, elle, est bien au 22 août 2026.

    Qui est concerné

    Toute entreprise du bâtiment qui répond à la commande publique, mairies, bailleurs sociaux, établissements scolaires, hôpitaux, collectivités. Le prix reste évalué, il n'est simplement plus le seul juge. Un mémoire technique qui documente la provenance des matériaux, la gestion des déchets de chantier, la motorisation des engins ou les circuits courts pèse maintenant dans la note, dans tous les marchés, pas seulement les gros.

    Ce que j'en pense

    Sur le papier tout le monde applaudit, dans les faits ça va se jouer sur la pondération. Un critère environnemental à 5 % de la note, c'est une case cochée qui ne change rien, et on va en voir beaucoup passer comme ça au début. Là où ça devient sérieux, c'est quand la collectivité met 20 ou 30 %, et là ce sont les entreprises qui savent déjà écrire ce qu'elles font, tri des déchets, chantier propre, matériaux locaux, qui prennent l'avantage sur celles qui le font sans jamais l'avoir mis noir sur blanc. Beaucoup de petites boîtes travaillent proprement et le racontent mal. Ça, ça se rattrape, et ça vaut le coup de s'y mettre avant que la pondération monte.

    Denis

    Ce qui sert

    Les outils et l'IA, quand ils tiennent vraiment sur un chantier.

    Claude Fable 5.1, le modèle qui fait tourner une partie des assistants IA du marché

    Anthropic, l'un des trois grands éditeurs de modèles d'intelligence artificielle avec OpenAI (ChatGPT) et Google (Gemini), a mis en ligne le 1er septembre 2026 son modèle le plus capable, Claude Fable 5.1. Ce n'est pas un logiciel isolé, c'est un moteur qui tourne derrière une partie des assistants et outils IA du marché, y compris certains que vous utilisez peut-être déjà sans connaître leur nom. Mais il est aussi accessible directement, sans développeur ni intermédiaire, à travers claude.ai, l'application grand public d'Anthropic.

    Comment vous pourriez vous en servir vous-même

    Sur claude.ai, l'accès dépend du forfait. Avec le compte gratuit, Fable 5.1 n'est pas accessible. Avec l'abonnement Pro, environ 20 dollars par mois, l'accès existe, et rien n'empêche de le sélectionner dans le menu, mais le modèle n'est pas compris dans le forfait, chaque message envoyé avec ce modèle-là décompte des crédits d'usage séparés, facturés en plus, au tarif à la consommation. Le menu ne le signale pas au moment du choix, la facturation ne se voit qu'après.

    Avec l'abonnement Max, il est réellement inclus, mais plafonné à la moitié du quota hebdomadaire. Ce n'est donc pas un simple robinet qu'on ouvre avec l'abonnement de base, même quand rien à l'écran ne le fait remarquer.

    À quoi ça pourrait servir sur un dossier de chantier

    Les usages mis en avant, transposés à votre activité, tiennent en trois idées. Faire lire d'un coup une pile entière de documents plutôt que morceau par morceau, un échange de mails de chantier étalé sur plusieurs semaines, un CCTP complet, plusieurs devis à comparer côte à côte. Faire lire des tableaux et des schémas à l'intérieur d'un PDF, un plan avec ses cotations, un métré chiffré, pas seulement du texte. Et reprendre un dossier plusieurs fois de suite sans que le fil se perde entre deux sessions.

    Ce sont des usages génériques présentés par Anthropic et la presse technique, pas des retours d'artisans ou d'entreprises du bâtiment, aucun témoignage du métier n'a été trouvé à cette date.

    Face à ChatGPT et Gemini, la fenêtre de contexte de Fable 5.1, sa capacité à lire un gros volume d'un coup, n'est plus un avantage net. Les modèles concurrents sortis la même semaine annoncent des capacités proches, voire légèrement supérieures sur ce point précis.

    Ce que j'en pense

    Ce qui me frappe là-dedans, ce n'est pas la performance du modèle, c'est le prix caché. On vous vend un abonnement à 20 dollars par mois, et le modèle le plus capable n'est même pas dedans, il faut sortir la carte une deuxième fois, au tarif à l'usage, et en plus il faut aller le chercher soi-même dans un menu, rien ne s'active tout seul. Et une fois qu'on regarde à côté, chez les concurrents, ce modèle-là n'a plus vraiment d'avantage net sur la taille de document qu'il digère, tout le monde est à peu près au même niveau maintenant. Ce que j'en retiens pour vous, ce n'est pas quel moteur choisir, c'est que le nom du modèle compte moins que l'outil construit autour. Un outil bien pensé sur un modèle correct sert plus qu'un modèle exceptionnel sans rien construit dessus.

    Denis

    Le métier de la semaine

    Un corps d'état à la fois : ce qui bouge chez lui, ce qui lui sert. Les semaines sans matière solide, la rubrique ne paraît pas.

    Plaquiste et plâtrier

    Le NF DTU 25.42, la norme de mise en œuvre des ouvrages de doublage et d'habillage en complexes plaque de plâtre et isolant, vient d'être amendé. Les parties P1-1 et P1-2 de la version de décembre 2012 sont modifiées par des amendements A1 d'avril 2026. Ce qui change surtout, ce sont les épaisseurs d'isolant admises en pose collée, le polystyrène expansé passe de 140 à 160 mm, la mousse polyuréthane de 120 à 140 mm.

    Ce qui bouge dans le texte

    Le texte impose aussi un chanfrein de l'isolant au droit des baies, pour la jonction avec les menuiseries, et étend le domaine d'emploi géographique. La raison est la même partout, la course à la résistance thermique de l'enveloppe engagée avec la RE2020, qui poussait déjà des donneurs d'ordre à demander des épaisseurs non couvertes par l'ancienne version.

    Ce qui leur sert

    Des exosquelettes passifs adaptés à la pose de plaques arrivent sur les chantiers, du type Hilti EXO-S, qui soulage les épaules pendant les tâches de vissage répétitif en cloison et en plafond, avec une réduction de la tension musculaire annoncée jusqu'à 60 % sur certains gestes. Ce n'est ni de l'électronique ni un abonnement, c'est un harnais mécanique de 2,4 kilos, à essayer avant d'acheter, le ressenti varie beaucoup d'un poseur à l'autre.

    Le mot du métier

    Le complexe de doublage, la plaque de plâtre déjà contrecollée à son isolant, posée au mortier adhésif contre le mur. À côté, la situation de travaux, la facture d'acompte émise à une étape de chantier et non à la fin, courante en plaquisterie sur les gros lots, et le joint de bandes, le traitement des raccords entre plaques qui fait la planéité finale du mur.

    Ce que j'en pense

    Vingt millimètres de polystyrène en plus, ça paraît de la broutille, sur le chantier ça ne l'est pas. Un doublage qui passe de 14 à 16 centimètres, c'est deux centimètres de moins dans la pièce sur tout le linéaire de murs, et dans un petit séjour le client le voit à la livraison, la surface habitable a bougé. Le bon côté, c'est que la demande d'épaisseurs fortes existait déjà, les donneurs d'ordre la posaient hors DTU et laissaient l'entreprise porter le risque. Là c'est cadré, l'entreprise qui pose 160 de PSE est dans les clous, elle ne signe plus une exception. Reste à le répercuter dans le devis, parce qu'un doublage plus épais, c'est aussi un peu plus de matière et un peu plus de temps de calage.

    Denis

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